Avant de lancer Corps Lovés, j’ai traversé plusieurs épopées, me menant toutes à l’utilisation de l’art comme moyen de reconnexion à mon corps. Ayant vécu plusieurs traumatismes suite à des violences sexuelles, notamment lorsque j’étais enfant, j’ai cheminé doucement et difficilement dans les dédales d’un corps marqué de honte et de culpabilité. Ce cheminement fait aujourd’hui partie intégrante de ma vie personnelle et proposer aux femmes cet espace qui m’a guéri en est devenu une évidence.
Je développe et travaille sur des approches photographiques intimes et sensibles, pour rentrer en communion avec l’être, sans performance esthétique ou artistique. Je me sers de la photographie comme un moyen d’illuminer les émotions traversées et non l’inverse. Grâce à l’autoportrait, j’ai ainsi appris à connaître mes limites et celles de mon corps tout en appréhendant la vision blessée que je portais sur moi.
Alors, dans cet espace j’ai reconnecté avec l’indulgence, la bienveillance et l’amour.
Transmuter la honte et la culpabilité, voilà mon approche. Arborer fièrement ses formes, ses failles, ses faiblesses. Ne plus les voir comme un fardeau mais comme de la résilience.
« Ces failles font partie de mon histoire et je les honore avec amour et douceur ».
Pendant cette séance, j’ai mêlé floral et corps, pour unir la terre et l’âme. La beauté pure des fleurs vient sacraliser le corps et le rend ainsi œuvre d’art. Les formes s’emmêlent, les couleurs se mélangent, la beauté évidente du corps jaillit.
« Je ne peux plus nier la beauté unique de mon corps marqué par les évènements de la vie. C’est cette beauté là que j’aime et qui fait de moi cet être joyeux, sensible et doux. »
Corps Lovés représente tout cela pour moi : s’aimer dans ses failles, dans ses doutes, dans ses blessures.
L’évidence n’est pas de se sentir belle mais bel et bien de voir la lumière dans l’obscurité.
Avec tout mon amour,
A bientôt pour une autre racontade,
Léa